Texte et photos : Julien Bourseguin
Nanga def ? Comment ça va ?
Débarqués en Terres sénégalaises vendredi 16 novembre à 5H (heure locale), accueillis par l'odeur de l'Afrique et un souffle chaud impressionnant dès la sortie de l'avion. Autant vous dire que se prendre 2 saisons de décalage dans la tronche en 5 heures de temps çà fait bizarre mais tu t'habitues très vite... Une horde de Sénégalais nous sautent dessus pour nous aider sans cesse, pour porter les bagages, ouvrir les portières, fermer les portières, nous vendre des t-shirts, oui oui dès 5 H du mat, et tu dois batailler sec pour ne pas te faire « attraper ». Tu comprends vite que quelque soit la façon dont tu est habillé, il est écrit MONEY en très gros sur ton front de Toubab, enfin de blanc quoi... Enfin, tu réalises par la suite que tout cela va de soi et que la condition des Sénégalais induit beaucoup de débrouille et d’acharnement, sans jamais être agressif soit dit en passant. Correspondance en 4x4 bien local et plutôt énorme jusqu'à notre logement familial situé plein face du spot de Ouakam, en haut de la mosquée ; un truc de malade! Premier check du spot forcément ! Bon j'ai pas pris le temps de télécharger les photos, vous savez il fait trop chaud ici et le moindre effort te coûte une sacrée transpi ! Je ne vais pas tout vous raconter tout de suite d'autant plus que le trip ne fait que commencer mais pour vous donner un aperçu, on s'est fait déjà quelques reconnaissances sur la côte proche avec le 4x4, dont se méfient les 200 millions de taxi sénégalais jaunes et noirs, on a mangé comme des rois au pieds de la plage et à 3 m des pélicans, on boit pas mal de bière, de la binouze locale surtout et du bissap (boisson locale à base de feuilles bouillies, enfin bissap rhum pour Luc et moi...). Sinon immersions dans les marchés locaux vers Dakar et t'en prends plein la gueule, mais plein. » Voilà dans les grandes lignes le premier email envoyé au bout de quelques jours en Afrique. Pas la peine d’en rajouter ni de réécrire autre chose, tout est là je pense.
Nous étions donc 4 : Luc Domenjo, ami freesurfer, moi même (juL) et nos 2 petites amies Emilie et Audrey ! Conviés par la famille de mon amie installée sur place, nous sommes allés découvrir les richesses de la région, ses paysages, ses ambiances, sa culture, ses autochtones... et nous pouvions profiter de ce trip pour surfer les différentes vagues du coin, qui dixit Pierre Abel Maroun (power bodyboarder local expatrié en Aquitaine) peuvent être carrément dingues ! C‘était aussi l’occaz de ressortir nos boardshorts et bikinis et de faire une cure de chaleur autour des 30°C !
Première petite session plage du Virage, au nord des Almadies, mais rien de transcendant à part le fait de surfer en short donc, de voir des bancs de poissons quand tu remontes au pic et de ne pas frissonner une seule fois en 2H de sess. La houle doit rentrer le lendemain et çà grossit donc on espère surfer de vraies vagues africaines rapidement! Ouakam ne marche pas pour le moment, on pense aller à l’Ile de N'gor (prononcez Ngor en avalant le N), çà rentre plus gros là bas mais le vent est assez fort alors on est un peu pommés... Peut-être Club Med ou Vivier en attendant le pic de houle non??? J’écris un mail à Pierre Abel et on se connecte sur place avec des locaux très accueillants. Ce fut le début d’une série d’épisodes identiques, toujours la même interrogation : est-ce que la houle va réellement rentrer demain et viendra chambouler nos plans pour la journée ? Pas vraiment.
Les conditions ont été assez petites à part deux ou trois fois, mais dès le premier jour du trip, l’option voyage, découverte, aventure etc. avait pris naturellement le dessus sur le surf, même si çà occupait une partie de notre tête à Luc et moi... Résultat : on a bougé sans arrêt dans tous les sens. Visite de Ouakam et de ses rivages, du village de pécheurs nommé N’Gor, Sorties pêches en pirogue, en mer et en mangrove, excursion jusqu’à l’épave au large des Almadies, appréhension des marchés sénégalais Soumbedioun, Sandaga et Ouakam, visite de l'île de Gorée sur 2 jours et immersion nocturne dans la vie tranquille des habitants, petit raid en 4X4 hors de Dakar (rien que la sortie de la ville est un périple, il faut le voir pour le croire) jusqu’au Sine Saloum au sud, empruntant pour ce faire une magnifique piste en taule ondulée qui traverse la nature et fait entrevoir sa richesse animale, un chemin de sable et des routes enrobées au coquillage en tous genres. (Attention aux dos d’ânes invisibles sans oeil bioniques...), rencontre avec les villageois de Simale, après-midi plage, soirées apéro-terrasse-piscine pour se relaxer ou boite de nuit pour choper la tourista avec ses cocktails à base de fruits mixés, concert d’un groupe local pour un anniversaire maison, grillades mythiques au feu de bois, enfin au charbon sénégalais... ce qui signifie qu’il ne faut pas être pressé ! Pause thé même si souvent écourtée !!! Soleil non-stop, magie des situations, sourire constant, violence quasi inexistante, car rapide à 100 FCFA (0.15 € !), corruption politique, pauvreté VS richesse, pas de classe moyenne, mystères de l’Afrique...
Pour revenir au surftrip, on a quand même surfé plusieurs fois, la droite de N’Gor à 1m30 avec 2 belles sections et un fond marins aux couleurs tigrées magnifiques, mise à l’eau en sautant de la pirogue..., quelques bons takes off et carves mais pas trop de tubes et 2 patates rocheuses omniprésentes à marée descendante. Une oursinade douloureuse pour Luc qui n’avait mis qu’une seule fois le pied au fond, même sort puissance 3 pour moi suite à un surf tout seul sur le reef à sec tapissé d’oursins du Club Med. Plusieurs surfs sur le beach de Virage quand c‘était trop léger partout, et une mise à l’eau sur le reef vraiment sur parfait et systématiquement offshore de Ouakam l’avant dernier jour, mais là encore, malgré l’eau translucide, pas de fond du tout (la board de Luc se posait sur des patates, même à l’outside du pic !), plein d’oursins, pas un gars aux alentours, on a vite compris que c’était là encore insurfable. Mais quelle régularité ! Il y avait des séries de 80 cm (en hauteur et en largeur) d’une perfection rarement constatée par nos yeux auparavant. C’est vraiment l’unique déception du séjour et certainement la motivation première pour retourner au Sénégal à nouveau… On en profitera aussi pour faire des photos cette fois-ci, parce c’est un point sur lequel on a été assez mauvais malheureusement.
Bref, on en a pris plein la face. Ce pays est incroyable en tous points. On pourrait en écrire des pages mais finalement les mots ne traduisent pas si justement les moments et les situations. Il ne vous reste donc plus qu’à aller y faire un tour pour ressentir les choses par vous même et nourrir ainsi votre esprit de toutes ces ambiances surprenantes et dépaysantes.
|
© 2008 - Bodyboardpro.com
![]() Trip balinais 29/08/2007 |
![]() Destination Portugal 06/07/2007 |
![]() Mada Express 10/04/2007 |
![]() Trip hawaiien 09/02/2007 |
![]() Bali - Juillet 2006 30/10/2006 |
|||||
![]() Nouvelle Zélande 18/09/2006 |
![]() Road trip en OZ 16/08/2006 |
![]() Afrique du Sud 16/06/2006 |
![]() Afrique du Sud 23/05/2005 |
![]() Bodyboard à Dakar 03/05/2004 |