Voyages

Tahiti 2004 (1)
16/02/2004

TAHITI

par Mathieu Desaphie

Part one : 28 Janvier - 9 Février

Aujourd’hui nous sommes enfin le 28 janvier. Cette date est figée dans ma tête depuis presque deux mois tel un compte à rebours. Parfois cela me semblait une éternité, les derniers jours me semblaient des semaines mais ça y est, cette fois ci, je me lève à la date prévue, date du départ pour Tahiti.

Cela faisait un moment que j’avais envie d’y aller, Stéphane (Delclos) m’ayant pendant plusieurs années fait le récit de ses trips quasi paradisiaques. Et puis, depuis un an et demi, mon ami et complice de toujours Jimmy (Petillon) vit là bas et les quelques mails que nous avons échangés depuis me donnent encore plus envie d’aller lui rendre visite.

Un voyage comme celui-ci coûte très cher et il a fallu que je m’organise un minimum pour pouvoir partir. D’une part, je ne pars pas seul, je me joins à deux amis biscarrossais afin de diviser les frais une fois sur place. Antoine Bonenfant avec qui j’étais déjà parti au Portugal en 99 et Arnaud Labat avec qui je surfe le plus souvent sur Bisca. Mes sponsors prennent à leur charge le billet d’avion et j’ai bossé en décembre dans un gros skate shop sur Bordeaux afin de pouvoir vivre correctement sur place.

Ce que j’aime particulièrement dans les voyages ce sont ces petits imprévus qui donnent du piment et d’ailleurs il n’aura pas fallu attendre longtemps puisque l’aéroport a passé un coup de fil en urgence à Arnaud lui disant que le vol est avancé et qu’il faut être dans une demi heure prêt à embarquer. Compte tenu des conditions climatiques (vague de froid sur Paris), tous les vols pour Roissy ont été annulés et c’est finalement à Orly qu’on atterrira avant de prendre un bus pour Roissy d’où nous pourrons (si on arrive à temps) nous envoler pour Papeete. Petits coups de speed donc mais tout se passe bien. Mieux même, on rencontre un surfer de Biscarrosse qui bossera comme steward sur Paris-Los Angeles et qui nous assure qu’il prendra grand soin de nous.

Avec deux heures de retard on décolle, c’est parti ! Maintenant, il va falloir passer le temps car on a 11 heures de vol jusqu’à Los Angeles. Peu importe, on est content d’être dans l’avion, on sait qu’il nous attend plein de bonnes choses. Pour le moment on en est surtout à se dire que ça va être long puisque les films proposés pendant le vol sont tous plus pourris les uns que les autres. Peu importe, « notre » steward nous accueille comme promis et son collègue tahitien aussi. Champagne, puis whisky coca pour commencer, on se dit que le vol passera plus vite comme ça, et après quelques verres de vin et de whisky on tombe dans un sommeil profond… Transit à Los Angeles puis c’est reparti pour 7 heures de vol mais cette fois, on sent bien qu’on se rapproche et l’excitation monte. On mate « Pirate de Caraïbes », on dort un peu, la dernière heure est la pire. On ne tient plus en place et les minutes sont tellement longues…Puis l’avion amorce sa descente et on atterrit en apercevant par les hublots des montagnes vertes, une eau multicolore où cohabitent le marine et le vert émeraude. A la sortie de l’avion une vague de chaleur nous envahit : c’est trop bon.

La famille de Jimmy nous accueille avec des colliers de fleurs, nous resterons les premiers jours chez eux histoire de nous poser et de profiter des ces retrouvailles. Le jour même, la mère de Jimmy nous fait visiter rapidement le centre de Papeete avant de passer chercher Jimmy à la sortie du boulot pour qu’il nous conduise sur un spot pour le premier surf.

C’est la fin de l’après midi, il faut faire vite car il fait nuit vers 18h30. Il nous amène donc sur un spot de la côte nord, « Papenoo », un spot multi pic à l’embouchure d’une rivière sur fond de galets. Le trajet jusque là est l’occasion de papoter et de donner des nouvelles des potes restés en France. On arrive sur le spot, il y a un mètre assez joli et là c’est l’hallucination totale sur la température de l’eau. C’est incroyable, on se croirait dans un bain, c’est vraiment difficile à retranscrire avec des mots. Cette première session passée et un bon repas avec la famille Petillon, on tombe raides de fatigue.

Les jours suivants, on surfe essentiellement « Trou du souffleur », une gauche de reef au bord, sur la côte nord. L’idéal pour commencer à se familiariser avec notre nouvel environnement. On la surfe entre 50cm et 1m20. la vague est un bowl qui tombe qui permet de tuber directement et parfois un deuxième bowl se forme permettant d’envoyer de bonnes manœuvres aériennes. Au bout de quelques jours une petite houle de sud touche l’île et c’est l’occasion d’aller tester « Sapinus », une vague tahitienne comme j’en rêvais, qui déferle le long de la barrière de corail, où il faut traverser une passe pour y accéder. Cette vague est une gauche qui offre trois bowls permettant de se mettre trois tubes ou des cambos de fous.

Ces premiers jours sont l’occasion de rencontrer pas mal de locaux. Ce qui est très frappant ici, c’est que la plupart des mecs ont des têtes de tueurs. Des maoris baraqués et tatoués avec un regard sombre, le genre de mecs qu’on évite de regarder de travers quoi. En fait ce sont les premiers à vous accueillir au pic avec un grand sourire et une tape dans la main. Il y a un ambiance vraiment très cool à l’eau et un respect des uns envers les autres incroyable. Pas mal de monde devrait en prendre de la graine chez nous.

Ces locaux ont un sens du tube impressionnant. On a croisé Florent Moana au Trou du Souffleur qui m’a passé un reverse air et gorf dans la gueule. Ce mec est vraiment très stylé. « Pipe » aussi qui a un sens du tube proche de l’incompréhensible, il a d'ailleurs surfé Sapinus à 15 pieds… huuuufle. On a aussi croisé Nikolas Richard mais pas encore dans l’eau, bientôt sans doute.

Bien sur, on profite aussi de la vie tahitienne en dehors des sessions. On a fait le tour de l’île et profité des paysages incroyables. Hervé, notre steward, nous a invité à prendre l’apéro dans sa chambre d’hôtel d’où nous avions une vue complètement dingue sur Sapinus. On a été plonger dans le lagon, cruiser dans la piscine, manger du poisson cru dans les roulottes que l’on croise partout, bref pas mal de trucs de touristes. On a aussi goûté à la fameuse HINANO, bière locale, lors de « l’apéro-retrouvaille » avec Jimmy.

Le 8 février, Eric Gamez débarque à l’improviste pour quelques jours avant de repartir pour l’Australie. Le lendemain on commence à filmer dans l’eau mais les vagues sont petites, on se colle au Trou du souffleur. Demain, une houle bien orientée pour Taapuna doit arriver et une autre est prévue pour la fin de semaine pour les spots de la côte nord... à suivre.

 

 

Animation Flash

Antoine Bonenfant

Mathieu Desaphie

Mathieu Desaphie

Eric Gamez

Arnaud Labat
 

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