L'actualité

Interview de Teva MANEA
04/01/2010
Interview réalisé par Jimmy Petillon

Je t’ai déjà vu à l’œuvre à plusieurs reprises, au fond d’un tube, dans les airs ou derrières tes objectifs et je dois reconnaître que tu as du talent. Pourrais-tu te présenter ?

Bonjour j'ai 29 ans, j'habite à Papeete sur l'île de Tahiti. Je suis actuellement employé de banque et père d'une fille de 2 ans qui se prénomme « Hanivai ».

Au fait, depuis combien de temps pratiques-tu le Bodyboard et ou est-ce que tu as débuté ?

J'ai commencé le bodyboard à l'âge de 12 ans sur un spot qu'on appelle la grosse (une droite). Un petit reef qui se termine sur la plage de galets. Ma 1ère board était dure comme une planche de surf et probablement trop grande pour moi. Je faisais pas mal de stand up et de drop en ce temps là. J'allais surfer 2 autres spots qu'on appelle le bowl et Hot tuna. Suivant la saison on allait aussi sur la baie de Papenoo. 

Puis j'ai fait du surf  pendant 3 ans, mais c'est une discipline qui revenait trop cher. J'ai définitivement et réellement commencé le bodyboard il y 12 ans maintenant. J'en suis accro et ne changerais pour rien au monde.

A tes débuts, comment tu te « débrouillais » pour aller sur ton spot préféré ?

A cette époque mon père habitait à Punaauia, à 5 minutes à pieds de la grosse. Pour aller sur la côté est, on prenait le truck, auto stop ou on embêtait la mère d'un pote, ma tante ou mon cousin.

Que penses-tu du niveau des bodyboardeurs Polynésiens ?

Le niveau actuel des bodyboardeurs polynésiens est assez impressionnant. Beaucoup de riders ont de la vivacité, de l'engagement dans les manœuvres aériennes. Il y a des chargeurs qui repoussent toujours un peu plus les limites du possible rivalisant ainsi avec les riders étrangers. Certains commencent aussi à privilégier l'aspect technique dans leur glisse et d'autres qui comprennent de plus en plus la nécessité d'avoir un matériel adapté à leur gabarit.


Teva à Taapuna

Au fil du temps, tu as commencé à utiliser une caméra puis un appareil photo. Je m’étais dit que tu t’étais tellement gavé de tubes que tu voulais tout simplement en laisser aux autres ! Blague à part, pourquoi une telle évolution ?

En 2002, lorsque j'ai acheté ma 1ère caméra, une sony mono CCD, c'était pour le fun. Filmer des gags entre potes et du life style. Puis nous avons commencé à se filmer au surf. C’était vraiment très motivant car on pouvait visionner nos sessions. Puis j’ai acheté un caisson adapté à ma caméra pour pouvoir filmer dans l’eau. J’ai eu des problèmes de buée, sachant que j’étais le seul à pouvoir les résoudre, je me retrouvais donc bien souvent seul derrière l’objectif.

Puis en début 2006, j’ai voulu me mettre à la photo, j’ai acheté mon premier canon réflex eos 350D. J’ai trop kiffé ! Ensuite, j'ai fini par acquérir un canon eos 30D avec différents objectifs (2 télézooms, 1 grand angle, 1 fisheye, 1 doubleur de focale, 1 caisson aquatech). Je me suis mis à la photo aquatique, ce qui donne une autre perspective, dimension dans les photos. En aquatique, tu captures la vraie beauté de l'océan avec toutes ses couleurs. Et enfin en décembre dernier j'ai acheté ma SONY HDR-FX7. C'est vraiment du matos haut de gamme et on apprécie également de filmer car le rendu des couleurs est impressionnant.

Avant la vidéo Blast Impact « Te mana o te moana », tu as réalisé 2 films. Peux-tu nous en parler ?

Oui j’ai réalisé 2 films, 1er s’appelait « Liquid Impact » et le 2ème « Polynésian heavywater ». La 1ère vidéo était plus axée sur du life style, des petites sessions beach breaks et quelques unes sur du reef. Le 2ème volet était plus sérieux avec une variété dans les spots surfés et surtout 2 grosses sessions sur la côte ouest, d’où le titre donné : polynésian heavywater. Ces 2 vidéos n’ont jamais été commercialisées et n’ont été vu que par une poignée de pote.

A l’époque quels étaient tes influences en matière de vidéo ?

Au début des années 2000 c'était sans aucun doute les 1ères No Friends. Une multitude de très bons bodyboarders. A l’époque, les grosses sessions à Waimea shorebreak et Shark Island m’ont vraiment ouvert les yeux et montré que le bodyboard permettait de rider des vagues vraiment extrêmes.

A ce jour, quelles sont tes vidéos de Bodyboard favorites ?

Il y a une bonne panoplie de films comme Roam 1 et 2, there is no i, Pastiche, Future, Ben Player Project, No Friends Decade, Thrash, Visions 2.0, the Road et les 2 dernières Tensions.

Quels sont les critères qui font que tu as choisit ces réalisations en particulier ?

Définitivement le style de glisse à l'australienne (jambes croisées/écartées). Ainsi que la qualité de filming et les influences musicales (surtout celles de Roam 1), le très haut niveau des jeunes australiens qui émergent tout doucement dans les dernières vidéos, le tow out où les riders n'arrêtent pas de repousser les limites de l'apesanteur, également le tow in qui permet de surfer des monstres liquides.

Des objectifs pour l’année 2010 ?

Préparer la nouvelle vidéo blast impact, acquérir un nouvel appareil photo et un caisson pour ma caméra. Promouvoir et développer le bodyboard en général. Continuer à travailler sur la marque blast impact, marque de vêtements que nous avons lançé en 2009.
Bosser sur le site : www.blast-impact.com

Un message ?

Respectez et protégez nos océans car c'est par eux que notre passion existe. Conservez ce respect mutuel entre bodyboarders.


DVD « Blast-Impact » disponible chez Licious pur Shop

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